Chine : la fusée Gravity-1 réussit un troisième lancement maritime consécutif
La jeune pousse chinoise Orienspace a réussi mardi soir le troisième vol de sa fusée Gravity-1, tirée depuis une plateforme maritime au large de Shanghai, plaçant neuf satellites en orbite, selon SpaceNews. Ce troisième succès consécutif consolide la crédibilité opérationnelle du lancement en mer pour cette entreprise privée, dans un secteur spatial commercial chinois en pleine expansion.
Gravity-1 est un lanceur à propergol solide long de 30 mètres, conçu par Orienspace pour répondre à la demande croissante de mises en orbite rapides de constellations de petits satellites. Le recours à un lancement maritime, plutôt qu’à un pas de tir terrestre classique, permet de positionner la fusée près de l’équateur ou dans des zones dégagées, réduisant les contraintes liées au survol de zones habitées lors de la retombée des étages et offrant une flexibilité géographique pour atteindre différentes inclinaisons orbitales.
Une stratégie assumée de lancement en mer
Le choix d’une plateforme au large de Shanghai s’inscrit dans une pratique désormais bien établie en Chine, où plusieurs opérateurs, publics comme privés, ont recours à des tirs depuis des navires ou des plateformes flottantes pour diversifier leurs capacités de lancement. Cette approche présente l’avantage de limiter les risques pour les populations au sol et d’offrir une souplesse dans le choix des trajectoires orbitales, un atout particulièrement recherché pour le déploiement de constellations de satellites d’observation ou de communication en orbite basse.
Le premier vol de Gravity-1 avait eu lieu début 2024 depuis une plateforme maritime, marquant les débuts opérationnels de ce lanceur pour Orienspace. La répétition de ce mode de lancement, jusqu’à ce troisième succès rapporté par SpaceNews, illustre une volonté de l’entreprise de démontrer la maturité de son architecture technique et de son processus logistique, deux éléments essentiels pour convaincre des clients commerciaux d’y confier leurs charges utiles.
Un secteur privé chinois en forte croissance
Orienspace fait partie d’une génération d’entreprises spatiales privées chinoises apparues au cours de la dernière décennie, aux côtés d’acteurs comme iSpace, Galactic Energy ou LandSpace, qui cherchent à développer des capacités de lancement commerciales indépendantes des opérateurs étatiques historiques. Ces sociétés misent souvent sur des fusées à propergol solide pour leurs premiers vols, une technologie qui permet des développements plus rapides et des coûts de production potentiellement inférieurs à ceux des lanceurs à propergol liquide, au prix toutefois d’une capacité d’emport généralement plus limitée.
La multiplication des lancements réussis de Gravity-1 s’inscrit dans un mouvement plus large de consolidation du marché chinois des petits lanceurs, porté par la demande de mise en orbite de constellations dédiées à l’observation de la Terre, aux télécommunications ou à des démonstrations technologiques. Selon SpaceNews, ce troisième vol a permis de placer neuf satellites en orbite, sans que le résumé disponible ne précise leur nature exacte ni l’identité de leurs opérateurs.
Pour Orienspace, l’enchaînement de trois lancements réussis depuis la mer constitue un argument commercial de poids face à une concurrence internationale croissante dans le segment des petits lanceurs, où la fiabilité démontrée sur plusieurs vols consécutifs pèse lourdement dans le choix des clients. La confirmation de cette régularité opérationnelle s’inscrit dans une dynamique où plusieurs acteurs commerciaux, chinois et occidentaux, cherchent à industrialiser leurs cadences de tir pour répondre aux besoins des opérateurs de constellations satellitaires.
Sources : spacenews.com