Tianwen 2 photographie de près Kamoʻoalewa, la mystérieuse quasi-lune de la Terre
La sonde chinoise Tianwen 2 a réalisé son approche de l’astéroïde Kamoʻoalewa et transmis ses premiers clichés rapprochés, selon Sky & Telescope. Ces images marquent l’arrivée du véhicule sur sa cible principale, un petit corps rocheux qui accompagne la Terre dans sa course autour du Soleil sans être pour autant un satellite naturel classique. Elles doivent permettre aux équipes scientifiques d’affiner la connaissance de la forme, de la taille et de la surface de cet objet avant les opérations de collecte d’échantillons prévues par la mission.
Une « quasi-lune » pas comme les autres
Kamoʻoalewa appartient à une catégorie particulière d’objets appelés quasi-satellites. Contrairement à la Lune, il n’est pas gravitationnellement lié à la Terre : il orbite bien autour du Soleil, mais son mouvement est synchronisé avec celui de notre planète selon une résonance orbitale de 1:1, ce qui lui donne l’apparence, vue depuis la Terre, de graviter autour d’elle. Ce petit astéroïde, découvert en 2016 par le télescope Pan-STARRS à Hawaï (son nom signifie « fragment oscillant » en hawaïen), figure parmi les objets les plus proches et les plus stables de ce type connus à ce jour dans le voisinage terrestre.
Sa petite taille et sa proximité relative en font une cible difficile à observer depuis le sol, ce qui explique l’intérêt d’une mission dédiée capable de s’en approcher directement. Des études spectroscopiques menées ces dernières années ont par ailleurs suggéré que Kamoʻoalewa pourrait ne pas être un astéroïde d’origine ordinaire, mais un fragment éjecté de la surface lunaire à la suite d’un impact ancien, une hypothèse qui reste débattue dans la communauté scientifique. Une mission de rapprochement et de prélèvement d’échantillons offrirait l’occasion de tester directement cette hypothèse en comparant la composition du matériau récolté à celle des roches lunaires déjà étudiées.
Objectifs de la mission Tianwen 2
Tianwen 2 s’inscrit dans le programme chinois d’exploration planétaire qui a déjà produit les missions lunaires Chang’e et la mission martienne Tianwen 1. Elle vise à collecter des fragments de la surface de Kamoʻoalewa et à les ramener sur Terre, avant de poursuivre, dans une phase étendue de la mission, vers la comète 311P/PanSTARRS, un objet qui présente la particularité d’afficher un comportement cométaire malgré une orbite d’astéroïde. Cette double cible ferait de Tianwen 2 une mission hybride, combinant retour d’échantillons d’astéroïde et survol cométaire, selon les objectifs annoncés par l’agence spatiale chinoise.
Les prochaines étapes attendues pour la sonde concernent l’affinement de sa trajectoire autour de Kamoʻoalewa, la cartographie plus fine de sa surface et la sélection d’un site propice au prélèvement d’échantillons. Sky & Telescope précise que ces premières images constituent la première vision rapprochée obtenue de cet astéroïde depuis sa découverte, un jalon attendu par les chercheurs qui étudient depuis plusieurs années ce type d’objets à partir de simples observations télescopiques depuis la Terre.
Le retour d’échantillons de Kamoʻoalewa, s’il se concrétise comme prévu, permettrait de comparer directement sa composition avec celle d’autres astéroïdes déjà étudiés par des missions similaires, comme Hayabusa 2 (Japon) sur Ryugu ou OSIRIS-REx (États-Unis) sur Bennu. Ces comparaisons pourraient éclairer la diversité des petits corps du Système solaire proches de la Terre et affiner les modèles sur leur origine, qu’elle soit astéroïdale classique ou, comme le suggèrent certaines analyses spectrales, liée à un épisode d’éjection de matière lunaire.
Sources : skyandtelescope.org