MAVEN perce un mystère des aurores martiennes
Selon la NASA, la sonde MAVEN (Mars Atmosphere and Volatile Evolution) a mis en évidence un mécanisme jusque-là méconnu à l’origine de certains types d’aurores observées sur Mars. Les résultats, publiés jeudi dans la revue Nature Communications, montrent que ce phénomène fonctionne selon un processus similaire à celui qui produit les aurores boréales et australes sur Terre : des particules chargées sont accélérées et projetées dans l’atmosphère de la planète par un mécanisme de circulation électromagnétique.

Sur Terre, les aurores résultent de l’interaction entre le vent solaire et le champ magnétique global de la planète, qui canalise les particules chargées vers les pôles où elles entrent en collision avec les molécules atmosphériques et produisent de la lumière. Mars ne possède pas de champ magnétique global comparable à celui de la Terre, ce qui rendait l’origine de certaines de ses aurores plus difficile à expliquer. Les scientifiques de la mission MAVEN ont toutefois identifié que le même type de mécanisme de circulation et de catapultage des particules chargées, observé dans l’environnement terrestre, se produit également autour de Mars, selon la NASA.
Une mission dédiée à l’atmosphère martienne
Lancée en 2013 et en orbite autour de Mars depuis 2014, la sonde MAVEN a pour objectif principal d’étudier comment l’atmosphère de la planète a évolué au fil du temps et comment elle continue d’interagir avec le vent solaire. Cette mission de la NASA vise notamment à comprendre pourquoi Mars, qui aurait autrefois disposé d’une atmosphère plus dense et d’eau liquide en surface, a perdu une grande partie de son enveloppe gazeuse pour devenir la planète froide et aride que l’on connaît aujourd’hui.
Les aurores martiennes constituent un sujet d’étude privilégié pour MAVEN car elles offrent une fenêtre directe sur les processus d’interaction entre les particules solaires et l’atmosphère de la planète. Contrairement à la Terre, où le champ magnétique global structure les aurores en anneaux autour des pôles, Mars présente des champs magnétiques rémanents plus localisés, hérités d’une activité géologique ancienne. Ces différences ont longtemps conduit les chercheurs à envisager des mécanismes distincts pour expliquer les émissions lumineuses observées dans le ciel martien.
La découverte annoncée par la NASA suggère au contraire que certains types d’aurores martiennes partagent une origine physique commune avec leur équivalent terrestre, malgré l’absence d’un champ magnétique global sur la planète rouge. Ce constat ouvre des perspectives nouvelles pour comprendre comment les champs magnétiques locaux et les structures atmosphériques de Mars peuvent malgré tout donner naissance à des phénomènes de circulation de particules chargées comparables à ceux qui se déploient à plus grande échelle sur Terre.
Selon la NASA, cette avancée pourrait aider les scientifiques à mieux cerner la manière dont l’atmosphère martienne continue de perdre des particules dans l’espace sous l’effet du rayonnement solaire, un processus qui a contribué à transformer Mars au cours de son histoire. Une meilleure compréhension de ces mécanismes d’interaction entre le Soleil et les atmosphères planétaires dépourvues de champ magnétique global présente également un intérêt plus large pour l’étude d’autres corps du système solaire, ainsi que pour l’évaluation de l’habitabilité potentielle d’exoplanètes présentant des configurations magnétiques similaires.
La publication de ces travaux dans Nature Communications s’inscrit dans la continuité des observations menées par MAVEN depuis plus d’une décennie, la sonde continuant de fournir des données sur l’évolution atmosphérique de Mars et sur les mécanismes physiques qui régissent son environnement spatial proche.
Sources : science.nasa.gov