LandSpace prépare une première tentative de récupération au sol après le succès chinois de la semaine dernière
Selon NASASpaceflight, la société chinoise LandSpace se prépare à tenter une première récupération d’étage directement au sol, moins d’une semaine après qu’un autre acteur chinois a réussi une première historique de récupération de booster, dont l’étage est revenu au port peu après le vol. Cette succession rapide de tentatives illustre l’accélération de la compétition entre entreprises spatiales commerciales chinoises sur le terrain de la réutilisabilité des lanceurs.
Un contexte de compétition intense
Le secteur spatial commercial chinois s’est structuré ces dernières années autour de plusieurs sociétés privées, souvent qualifiées de « nouvelle force » spatiale, qui cherchent à reproduire les avancées obtenues par SpaceX avec ses Falcon 9 réutilisables. LandSpace fait partie des acteurs les plus avancés de ce paysage. L’entreprise s’était déjà distinguée en 2023 en devenant la première au monde à placer en orbite une fusée fonctionnant au méthane liquide et à l’oxygène liquide, avec son lanceur Zhuque-2.
Depuis, LandSpace développe une version plus ambitieuse, conçue dès l’origine pour la réutilisation, avec une structure en acier inoxydable rappelant les choix technologiques adoptés par SpaceX pour son véhicule Starship. Cette orientation vers l’acier plutôt que vers des alliages d’aluminium ou des matériaux composites vise à réduire les coûts de fabrication tout en offrant une résistance suffisante pour supporter les contraintes thermiques et mécaniques d’un vol suivi d’un retour contrôlé.
La récupération au sol, une étape technique distincte
Selon NASASpaceflight, la tentative que prépare LandSpace concerne une récupération au sol, ce qui la distingue de la récupération en mer réalisée récemment par un autre opérateur chinois, dont l’étage a été récupéré puis ramené au port. La récupération au sol implique généralement un retour du premier étage vers une zone d’atterrissage terrestre située à proximité du site de lancement, une manœuvre qui exige une précision de navigation et un contrôle de la poussée au freinage particulièrement fins, sans la marge d’erreur qu’offre une plateforme flottante en mer.
Cette approche a été popularisée par SpaceX, qui alterne entre atterrissages sur des barges en mer et retours au sol selon les besoins de la mission, notamment la masse de la charge utile et l’altitude visée. Pour une entreprise encore en phase de démonstration technologique comme LandSpace, réussir un atterrissage au sol constituerait une validation supplémentaire de sa capacité à maîtriser l’ensemble de la chaîne de réutilisation, de la rentrée atmosphérique jusqu’à l’arrêt complet du moteur au contact du sol.
Ce que cela signifie pour le secteur
La succession de ces deux tentatives en l’espace de quelques jours, l’une en mer et l’autre visée au sol, traduit selon NASASpaceflight une dynamique de compétition entre les différentes sociétés spatiales chinoises, chacune cherchant à revendiquer des premières nationales dans le domaine de la réutilisabilité. Cette course s’inscrit dans une stratégie plus large de la Chine visant à réduire ses coûts d’accès à l’espace, alors que la demande en lancements augmente avec le déploiement de constellations de satellites et les besoins institutionnels du programme spatial national.
Aucune date précise n’a été communiquée pour cette tentative de récupération au sol par LandSpace, et l’issue de l’opération reste à confirmer. Les prochaines semaines devraient permettre de savoir si l’entreprise parvient à franchir cette étape technique, qui constituerait une nouvelle avancée pour l’écosystème spatial commercial chinois dans son ensemble.
Sources : www.nasaspaceflight.com