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Combien de satellites tournent autour de la Terre ?

Portrait illustré de Julien Ferrand

Julien Ferrand
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Visualisation NASA des satellites et d\u00e9bris catalogu\u00e9s en orbite terrestre, \u00e9chelle non r\u00e9aliste

Au 17 juillet 2026, 16 065 satellites actifs tournent autour de la Terre, d’après les fichiers publics CelesTrak que nous avons extraits ce jour. Plus des deux tiers — 10 785 exactement, soit 67 % — appartiennent à une seule constellation : Starlink, exploitée par SpaceX. Si l’on ajoute les satellites hors service et les débris assez gros pour être suivis, les réseaux de surveillance cataloguent environ 45 910 objets en orbite, selon le Space Debris Office de l’ESA (chiffres du 25 juin 2026). Et les modèles statistiques de l’agence estiment à 1,2 million le nombre de débris de plus de 1 cm. Ce baromètre est recalculé chaque mois à partir des mêmes sources publiques, avec la date exacte de chaque extraction.

Baromètre mis à jour chaque mois — dernière mise à jour : 17 juillet 2026 (extraction CelesTrak du jour ; chiffres débris ESA du 25 juin 2026).

Le chiffre, et d’où il vient

Il n’existe pas de registre mondial unique des satellites. Le compte le plus fiable vient des réseaux de surveillance de l’espace, principalement le Space Surveillance Network américain, dont les données publiques sont agrégées par CelesTrak. Nous avons téléchargé le fichier des satellites opérationnels le 17 juillet 2026 : il contient 16 065 objets. L’ESA arrive au même ordre de grandeur, avec « environ 16 000 » satellites encore en fonctionnement au 25 juin 2026.

Un rappel pour mesurer le chemin parcouru : le 4 octobre 1957, Spoutnik 1 était le seul satellite artificiel en orbite. Selon l’ESA, environ 7 270 lancements réussis ont depuis placé quelque 26 890 satellites autour de la Terre. Le cap des 10 000 satellites actifs a été franchi moins de 70 ans après Spoutnik — et l’essentiel de cette croissance date des cinq dernières années, portée par les mégaconstellations.

Schéma des objets en orbite autour de la Terre Terre échelle non réaliste — chaque point représente un objet catalogué
Illustration schématique des satellites et débris catalogués en orbite terrestre, échelle non réaliste (illustration Dernières Nouvelles du Cosmos).

Actifs, catalogués, débris : les trois comptes à ne pas confondre

Quand un article annonce « 30 000 satellites » sans date ni définition, il mélange en général trois choses différentes. Voici la décomposition, chiffres datés à l’appui.

Catégorie Nombre Source et date
Satellites actifs (en fonctionnement) 16 065 CelesTrak, extraction du 17 juillet 2026
Satellites encore en orbite (actifs + hors service) ≈ 18 340 ESA Space Debris Office, 25 juin 2026
Objets suivis et catalogués (satellites + étages de fusées + fragments) ≈ 45 910 ESA Space Debris Office, 25 juin 2026
Débris estimés de plus de 10 cm ≈ 54 000 ESA, modèle MASTER-8 (population de référence 08/2024)
Débris estimés de 1 à 10 cm ≈ 1,2 million ESA, modèle MASTER-8 (08/2024)
Débris estimés de 1 mm à 1 cm ≈ 140 millions ESA, modèle MASTER-8 (08/2024)

La nuance est simple : on suit ce qui est assez gros pour être vu au radar ou au télescope (environ 10 cm en orbite basse), on estime le reste par modèle. Les 45 910 objets catalogués sont des mesures ; le 1,2 million est une extrapolation, assumée comme telle par l’ESA.

Qui possède le plus de satellites ?

La réponse tient en un mot : SpaceX. Avec 10 785 satellites Starlink suivis au 17 juillet 2026, l’entreprise exploite à elle seule 67 % des satellites actifs. Le deuxième opérateur commercial, Eutelsat OneWeb, en compte 651 — seize fois moins. Amazon monte en puissance avec 393 satellites Kuiper en orbite, et la Chine déploie ses propres constellations : Qianfan aligne déjà 238 satellites suivis, tandis que Guowang, le projet d’État, en est à ses premières grappes. Nous détaillons comment fonctionne Starlink, la plus grosse constellation dans un article dédié.

Starlink (SpaceX) 10 785 Autres opérateurs 3 795 OneWeb (Eutelsat) 651 Kuiper (Amazon) 393 Qianfan (Chine) 238
Satellites actifs par constellation — données CelesTrak extraites le 17 juillet 2026 (graphique : Dernières Nouvelles du Cosmos).

Côté européen, la réplique s’appelle IRIS², une constellation souveraine d’environ 290 satellites commandée par l’Union européenne, dont les premiers exemplaires devraient être lancés d’ici 2030 selon le calendrier annoncé par la Commission européenne. Nous suivons ce dossier dans notre pilier sur la réponse européenne, d’Ariane 6 à IRIS².

Sur quelles orbites tournent-ils ?

L’écrasante majorité des satellites actifs occupe l’orbite basse (LEO), entre 300 et 2 000 km d’altitude : c’est là que volent Starlink (environ 550 km), OneWeb (1 200 km), Kuiper et la quasi-totalité des satellites d’observation de la Terre. Plus haut, l’orbite moyenne (MEO, autour de 20 000 km) héberge les constellations de navigation GPS, Galileo et BeiDou — quelques dizaines de satellites seulement, mais dont dépendent vos cartes et l’horodatage des transactions bancaires. Enfin, l’orbite géostationnaire (GEO), à 35 786 km, aligne les gros satellites de télécommunications et de météo qui restent fixes au-dessus d’un point de l’équateur. Cette répartition explique un paradoxe : la GEO, historiquement l’orbite la plus précieuse, ne représente plus qu’une petite fraction du total depuis que les mégaconstellations ont fait exploser les comptes en orbite basse.

Et les débris, faut-il s’en inquiéter ?

Les chiffres méritent d’être posés calmement. L’ESA a recensé plus de 660 fragmentations en orbite (explosions, collisions, événements anormaux) depuis 1957, pour une masse totale d’objets spatiaux dépassant 16 600 tonnes au 25 juin 2026. À 28 000 km/h, un débris de 1 cm porte l’énergie d’une petite voiture lancée à 40 km/h : c’est l’équivalent d’un projectile, pas d’une poussière. Le scénario du syndrome de Kessler — une cascade de collisions qui rendrait certaines orbites inutilisables — reste un risque de long terme étudié par les agences, pas une situation actuelle : les manœuvres d’évitement font partie de la routine des opérateurs, et Starlink en réalise des dizaines de milliers par an de façon automatisée.

La parade principale est réglementaire : les satellites récents doivent pouvoir se désorbiter en fin de vie. Les Starlink, par exemple, volent assez bas pour que la traînée atmosphérique les fasse rentrer et se consumer en quelques années même en cas de panne. Le vrai point de vigilance, ce sont les étages de fusées et les satellites anciens abandonnés sur des orbites hautes, où rien ne redescend naturellement avant des siècles. Les astronomes, eux, documentent une autre gêne : les traînées lumineuses des constellations sur les images des télescopes, un sujet que les opérateurs tentent de limiter par des revêtements moins réfléchissants.

Un compte qui change tous les mois

En 1957, un satellite. En 2010, environ un millier d’actifs. Au 17 juillet 2026, 16 065. La cadence actuelle des lancements — dominée par les vols Starlink de SpaceX et l’arrivée de Kuiper, Qianfan et Guowang — ajoute plusieurs centaines de satellites par trimestre, tandis que les plus anciens rentrent dans l’atmosphère. C’est pourquoi cette page fonctionne comme un baromètre : nous refaisons l’extraction CelesTrak chaque mois et mettons à jour tous les chiffres, avec leur date. Ce qu’on ignore encore, en revanche : combien de satellites les orbites basses peuvent accueillir durablement — les dossiers déposés auprès des régulateurs dépassent le million de satellites sur le papier, un chiffre qu’aucun analyste ne prend pour un engagement ferme.

Questions fréquentes

Combien de satellites Starlink sont en orbite ?

10 785 satellites Starlink étaient suivis comme actifs au 17 juillet 2026, d’après les fichiers publics CelesTrak, soit 67 % de tous les satellites opérationnels. SpaceX dispose d’autorisations pour en déployer davantage, le rythme dépendant de la cadence des lancements.

Combien y a-t-il de débris spatiaux ?

Environ 45 910 objets sont suivis et catalogués par les réseaux de surveillance (satellites actifs compris), selon l’ESA au 25 juin 2026. Les modèles statistiques de l’agence (MASTER-8) estiment en plus environ 54 000 objets de plus de 10 cm, 1,2 million de débris de 1 à 10 cm et 140 millions de fragments de 1 mm à 1 cm.

Qui surveille les satellites et les débris ?

Principalement le Space Surveillance Network américain, dont le catalogue public est diffusé via Space-Track et agrégé par CelesTrak. En Europe, le Space Debris Office de l’ESA, à Darmstadt, publie des statistiques de référence et coordonne la recherche sur les débris. Les opérateurs eux-mêmes reçoivent des alertes de collision et manœuvrent leurs satellites en conséquence.

Pour suivre l’actualité des constellations et des lancements, retrouvez tous nos articles dans la rubrique Industrie & New Space.

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