Bilan des lancements orbitaux 2026 : les chiffres à date
169 lancements orbitaux ont été tentés dans le monde depuis le 1er janvier 2026, selon Launch Library 2 (interrogé le 18 juillet 2026) : 163 réussites et 6 échecs, soit un taux de réussite de 96,4 %. SpaceX en a réalisé 85 à lui seul — un peu plus d’un tir orbital mondial sur deux — devant la Chine, qui en totalise 48 toutes agences confondues. Cette page condense l’étude annuelle « Bilan des lancements orbitaux » de Dernières nouvelles du cosmos ; nous la recalculons au fil de la saison, à mesure que de nouveaux tirs ont lieu.
169 lancements orbitaux tentés dans le monde depuis le 1er janvier 2026 , dont 163 réussites et 6 échecs — 96,4 % de réussite. Source : Launch Library 2.
Par opérateur : SpaceX toujours devant, la Chine confirme sa progression
SpaceX reste, de très loin, le premier opérateur mondial : 85 tentatives orbitales depuis janvier, toutes réussies, avec un unique lanceur, Falcon (Falcon 9 et un vol de Falcon Heavy). Juste derrière, l’opérateur étatique chinois CASC en cumule 34 à elle seule, avec un échec (Long March 3B/E, 16 janvier). En ajoutant les six autres sociétés chinoises actives cette année (CAS Space, China Rocket Co., ExPace, Galactic Energy, LandSpace, Space Pioneer), la Chine atteint 48 tentatives toutes agences confondues, soit 28 % du total mondial — deuxième position confirmée, loin devant Rocket Lab (10, zéro échec) et le duo étatique russe Roscosmos / Forces spatiales russes (8 à eux deux). ULA (5), Arianespace (3) et une quinzaine d’opérateurs plus modestes se partagent le reste.
85 des 169 lancements orbitaux mondiaux de 2026 sont signés SpaceX , soit un peu plus d’un tir sur deux dans le monde. Source : Launch Library 2.
Par lanceur : Falcon domine, Long March derrière
Vu par famille de lanceur plutôt que par opérateur, le classement ne change guère : Falcon (Falcon 9 et Falcon Heavy) et Long March, à eux deux, couvrent 119 des 169 tentatives de l’année, soit 70 %. Electron, chez Rocket Lab, toujours sans échec en 2026, complète le podium.
| Lanceur | Opérateur principal | Tentatives 2026 | Échecs |
|---|---|---|---|
| Falcon (9 + Heavy) | SpaceX | 85 | 0 |
| Long March | CASC | 34 | 1 |
| Electron | Rocket Lab | 10 | 0 |
| Soyuz | Roscosmos / Forces spatiales russes | 7 | 0 |
| Atlas V | ULA | 4 | 0 |
| Ariane 6 | Arianespace | 3 | 0 |
| Smart Dragon | CAS Space | 3 | 0 |
| Autres (19 familles) | — | 23 | 5 |
Le retour de l’Europe à l’autonomie de lancement se lit dans ces trois tirs Ariane 6 réussis depuis Kourou — nous détaillons la reprise du programme dans le dossier L’Europe spatiale : Ariane 6, ESA, CNES.
Par pays de lancement
Le classement change de nature si l’on regarde non plus l’opérateur mais le pas de tir. Les États-Unis en concentrent 95 sur 169 (56 %), entre Cap Canaveral, Vandenberg et les sites de Virginie et du Texas. La Chine (48, 28 %) et la Nouvelle-Zélande (9, 5 %, uniquement des tirs Electron depuis la presqu’île de Mahia) suivent. La Russie (5), le Kazakhstan — Baïkonour, qu’elle exploite (4) —, la Guyane française (4 : trois Ariane 6 et un Vega) et un reliquat au Japon, en Inde, plus un lancement aérien sans pas de tir fixe (Pegasus XL) complètent le tableau.
Les échecs de la saison
| Date | Lanceur | Opérateur | Cause (résumé Launch Library 2) |
|---|---|---|---|
| 12 janvier | PSLV-DL | ISRO (Inde) | perte de contrôle d’attitude du 3e étage |
| 16 janvier | Long March 3B/E | CASC (Chine) | échec du 3e étage, orbite non atteinte |
| 17 janvier | Ceres-2 | Galactic Energy (Chine), vol de démonstration | échec du 1er étage |
| 5 mars | KAIROS | Space One (Japon) | autodestruction déclenchée à T+68,8 s, cause en cours d’investigation |
| 3 avril | Tianlong-3 | Space Pioneer (Chine), vol de démonstration | échec autour de la séparation d’étage |
| 19 avril | New Glenn | Blue Origin (États-Unis) | satellite placé sur une orbite trop basse et inutilisable ; premier étage récupéré avec succès |
Trois de ces six échecs concernent des lanceurs qui volaient pour la première ou la deuxième fois (Ceres-2, Tianlong-3, KAIROS) — un taux habituel en phase de mise au point. Aucun lanceur déjà opérationnel avant 2026 (Falcon, Electron, Ariane 6, Soyuz) n’a connu d’échec orbital depuis le 1er janvier.
Ce que ces chiffres montrent — et ce qu’ils ne montrent pas
La domination de SpaceX (85 tirs, zéro échec, un lancement tous les deux jours en moyenne) rend la firme incontournable dans toute lecture du secteur en 2026 — mais elle ne dit rien de la diversité des lanceurs : Falcon reste, pour l’essentiel, un seul véhicule décliné en plusieurs versions. La nouvelle génération de SpaceX, Starship, n’a réalisé aucun vol orbital réussi cette année : son douzième vol d’essai, le 22 mai, reste classé « suborbital » par Launch Library 2 et n’entre donc pas dans ce comptage — nous détaillons la campagne d’essais dans notre dossier Starship.
La progression chinoise est réelle, mais mérite d’être nuancée : sur les 48 tentatives, 34 viennent du seul opérateur étatique CASC ; les six sociétés privées chinoises additionnées ne pèsent que 14 tirs. L’essentiel du volume chinois reste piloté par l’État, à l’inverse du modèle américain, où les lancements institutionnels (ULA, NASA) ne représentent que 6 tirs sur 95. Ces chiffres ne disent enfin rien des masses mises en orbite ni du nombre de satellites par tir — l’écart Falcon/Long March serait sans doute plus resserré sur ce critère, la plupart des tirs Falcon étant des campagnes Starlink groupées. Ce qu’on ignore encore : combien des nouveaux entrants (Kinetica, Zhuque, Smart Dragon) seront toujours en service dans deux ans.
Méthodologie
Chiffres calculés par Dernières nouvelles du cosmos à partir de l’API publique Launch Library 2 (thespacedevs.com), interrogée le 18 juillet 2026, sur tous les lancements dont la fenêtre de tir (net) est comprise entre le 1er janvier 2026 00h00 UTC et le 18 juillet 2026 04h00 UTC.
Est compté comme orbital tout lancement dont l’orbite visée, telle que documentée par Launch Library 2, n’est pas « Suborbital » — ce qui inclut les vols dont l’orbite précise n’est pas rendue publique (charges classifiées américaines du NRO) et les vols de démonstration ayant échoué avant d’atteindre l’orbite visée. Sont exclus les cinq vols suborbitaux recensés sur la période : New Shepard (Blue Origin), deux vols HASTE de Rocket Lab, la démonstration suborbitale de Soyuz-5, et le douzième vol d’essai de Starship.
Le pays de la répartition « par pays de lancement » est celui du pas de tir, pas le siège social de l’opérateur : Baïkonour (Kazakhstan) est exploité par la Russie ; Kourou (Guyane française) par l’ESA et Arianespace. Un tir Pegasus XL, largué en vol, n’a pas de pas de tir fixe et n’entre dans aucune colonne pays. Pourcentages arrondis à l’unité, ne totalisant donc pas toujours 100 %.
Page vivante : nous la recalculons à intervalles réguliers pendant toute la saison de lancement 2026, sans republication — seule la date de comptage en tête de page évolue.