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Matériel astro

Stellarium : le test du planétarium gratuit (2026)

Portrait illustré de Camille Rouvier

Camille Rouvier
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Ciel \u00e9toil\u00e9 sombre, illustration du type de ciel que simule un plan\u00e9tarium comme Stellarium
Ciel étoilé sombre, illustration du type de ciel que simule un planétarium comme Stellarium
Crédit : NASA/JSC

Verdict direct : pour préparer une soirée d’observation ou identifier ce qu’on regarde à l’oculaire, la version desktop de Stellarium suffit largement, et elle est gratuite. Je l’utilise depuis mon jardin en Bortle 6 pour simuler ma propre pollution lumineuse et pour vérifier, avant de sortir le télescope, ce que montrera réellement tel ou tel oculaire sur mon instrument. Le logiciel libre (licence GPL) couvre le desktop ; Stellarium Web dépanne depuis un navigateur ; l’application mobile, éditée séparément par Stellarium Labs, ajoute des achats intégrés au-delà de la version gratuite. Le vrai test n’est pas de comparer des notes chiffrées mais d’observer ce que l’outil apporte, session après session — et où il montre ses limites, notamment face à la commande directe d’une monture GoTo sur le terrain.

Les 3 Stellarium : desktop, web, mobile — et leurs prix

Le nom « Stellarium » recouvre trois produits distincts, avec deux éditeurs différents. Le desktop est un logiciel libre développé par une association et des contributeurs bénévoles depuis 2001. Stellarium Web en reprend le moteur dans une version allégée, accessible sans rien installer. L’application mobile, elle, appartient à une société commerciale distincte, Stellarium Labs, et fonctionne sur un modèle freemium avec achats intégrés.

Version Plateforme Prix constaté (juillet 2026) Pour quel usage
Stellarium (desktop) Windows, macOS, Linux Gratuit, logiciel libre (GPL) Préparation complète d’une soirée, pilotage d’une monture GoTo, tous les plugins
Stellarium Web Navigateur, en ligne Gratuit Vérifier vite un objet depuis un ordinateur ou une tablette, sans installation
Stellarium Mobile (Plus) iOS / Android (éditeur Stellarium Labs) Gratuit + achats intégrés de 1,99 € (déblocage ponctuel) à 19,99 €/an (abonnement Plus) — App Store FR Sur le terrain, à côté du télescope ; les options avancées passent par la version Plus

Ces trois versions ne se remplacent pas : le desktop reste mon outil de préparation le soir avant, l’application mobile prend le relais une fois dehors parce qu’elle tient dans une poche, et la version web dépanne quand je n’ai accès qu’à un poste où je ne veux rien installer.

Comment je m’en sers avant une soirée d’observation en Bortle 6

Sous un ciel de banlieue classé Bortle 6, la moitié du travail consiste à savoir ce qui vaut la peine d’être cherché avant même de sortir. Voici les trois usages qui reviennent à chaque session.

Cas 1 — simuler ma propre pollution lumineuse

Dans les réglages d’affichage du ciel, Stellarium desktop propose un curseur de pollution lumineuse calé sur l’échelle de Bortle. Je le règle sur 6, ma valeur réelle, avant de planifier quoi que ce soit : le logiciel éteint alors à l’écran les objets trop faibles pour être visibles depuis chez moi. C’est la fonction la plus utile et la moins expliquée en français — sans elle, on prépare une liste d’objets pour un ciel de campagne qu’on ne verra jamais depuis un jardin urbain.

Illustration : pollution lumineuse urbaine (DNC)

Cas 2 — l’oculaire virtuel, pour savoir ce que montrera vraiment mon télescope

Le plugin d’oculaires (Oculars) permet d’entrer les caractéristiques exactes de mon Dobson et de mes oculaires : distance focale du tube, champ apparent de chaque oculaire. Stellarium affiche ensuite un cercle superposé au ciel simulé qui représente le champ réel que je verrai en y collant l’œil. C’est la différence entre deviner si un amas ouvert tiendra dans le champ et le savoir avant de sortir le matériel. Aucun tuto en français ne détaille vraiment ce plugin, alors qu’il évite le plus gros de la déception au télescope : viser un objet trop grand ou trop petit pour l’oculaire du soir.

Illustration : champ d’un oculaire (DNC)

Cas 3 — préparer la liste et, si besoin, piloter la monture

Une fois la pollution lumineuse et les champs d’oculaires réglés, je passe aux catalogues intégrés (Messier, NGC, étoiles doubles) pour bâtir une liste de trois ou quatre cibles réalistes pour la soirée. Pour qui possède une monture GoTo, Stellarium desktop peut aussi s’y connecter en télécommande via le plugin de contrôle de télescope, ce qui évite de ressaisir les coordonnées à la main. Je ne m’en sers pas systématiquement — mon Dobson reste manuel — mais c’est un vrai argument pour qui débute avec une monture motorisée.

Télécharger Stellarium en français et le prendre en main

Le desktop se télécharge directement depuis le site officiel du projet, dans un installeur qui propose le français dès le premier lancement — aucune manipulation de langue à chercher dans un menu caché. L’interface s’organise autour d’une barre d’outils en bas de l’écran (affichage des constellations, atmosphère, sol) et d’un panneau latéral gauche pour la recherche d’objets et les réglages avancés, dont la pollution lumineuse. Les plugins, eux, se activent dans le menu de configuration, sous un onglet dédié : c’est là que je suis allée chercher Oculars et le contrôle de télescope la première fois, sans qu’aucune notice ne me le signale clairement. Comptez une bonne demi-heure pour se repérer, le temps de régler sa localisation, son ciel de référence et ses instruments une fois pour toutes — ensuite, tout est mémorisé d’une session à l’autre.

Un mot sur les catalogues d’étoiles et d’objets du ciel profond intégrés : la base par défaut suffit très largement pour un usage amateur (Messier, NGC/IC, étoiles jusqu’à une magnitude confortable), et des catalogues plus profonds s’ajoutent en extension si besoin, sans jamais alourdir le programme de base. Un plugin de suivi des satellites artificiels permet aussi de superposer le passage de l’ISS ou d’une constellation Starlink sur le ciel simulé du soir, utile pour ne pas confondre un satellite en mouvement avec une étoile qui scintille.

Les points faibles que je constate

Rien n’est parfait, et un test honnête le dit. L’interface desktop, dense, demande une vraie prise en main : les plugins ne sautent pas aux yeux et se cherchent dans un menu séparé. Sur mobile, la version gratuite couvre l’essentiel mais pousse assez vite vers l’abonnement Plus pour débloquer certains catalogues avancés et le mode réalité augmentée. Enfin, le rendu du ciel reste une simulation : il aide à préparer et à situer, il ne remplace jamais l’œil à l’oculaire pour juger du contraste réel d’un objet sous son propre ciel.

À qui Stellarium ne suffit pas

Pour qui cherche une intégration poussée avec un catalogue d’observation personnel très fourni, un mode réalité augmentée abouti en usage quotidien, ou une navigation tactile pensée dès le départ pour le terrain plutôt qu’adaptée d’un desktop, Stellarium montre ses limites. C’est aussi le cas pour qui veut piloter une monture GoTo directement depuis son téléphone sans repasser par un ordinateur : la télécommande de monture reste, pour l’instant, une fonction du desktop.

L’alternative : SkySafari, si vous voulez payer pour plus

Stellarium EST l’option budget : gratuite sur desktop et sur le web, avec une version mobile qui reste utilisable sans dépenser un centime. Si malgré tout les limites du paragraphe précédent pèsent sur votre usage, l’alternative que je recommande est SkySafari 7 Plus, à 22,99 € en achat unique constaté sur l’App Store FR en juillet 2026. L’application est pensée pour le terrain dès le départ, avec un catalogue d’observation personnel plus abouti et une prise en main tactile plus naturelle. Pour la préparation à la maison, en revanche, je continue de trouver le desktop Stellarium plus complet — et gratuit reste gratuit. À titre de repère, Cartes du Ciel est un autre logiciel libre du même esprit ; je le cite parce qu’il existe, mais son rendu et sa prise en main sont, à mon usage, moins agréables que ceux de Stellarium.

Pour aller plus loin sur le choix du matériel, notre rubrique matériel astro centralise nos tests, et le guide observer le ciel quand on débute pose les bases avant de se lancer. Si Stellarium vous a donné envie de comparer les applications entre elles, notre comparatif des meilleures applications d’astronomie détaille les autres options, et pour aller au bout de l’oculaire virtuel, notre guide des meilleurs oculaires pour débuter aide à choisir du matériel réel plutôt que simulé. Le quiz Quel télescope pour vous ? aide à aller plus loin dans le choix d’un premier instrument.

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