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Retour sur Terre pour l’équipage de Soyouz MS-28 après 241 jours en orbite

Portrait illustré de Julien Ferrand

Julien Ferrand
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Selon la NASA, l’astronaute Chris Williams et les cosmonautes de Roscosmos Sergueï Kud-Sverchkov et Sergueï Mikaev doivent achever dimanche 26 juillet leur séjour de 241 jours à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Leur vaisseau Soyouz MS-28 doit se détacher du module russe Rassvet à 3h02 (heure de l’Est américain, soit 9h02 en France), avant un atterrissage sous parachute prévu à 6h26 (heure de l’Est américain, soit 12h26 en France) dans les steppes du Kazakhstan.

Vaisseau Soyouz après son atterrissage dans les steppes du Kazakhstan
Crédit : ROBERT MARKOWITZ NASA-JSC

Ce retour marque la fin d’une expédition longue de plus de huit mois, un format désormais habituel pour les rotations d’équipage sur l’ISS, qu’il s’agisse des vaisseaux Soyouz russes ou des capsules Crew Dragon de SpaceX exploitées par la NASA. Ces séjours prolongés permettent aux agences partenaires de mener des programmes scientifiques continus en microgravité, tout en assurant une présence humaine permanente en orbite basse depuis plus de deux décennies.

Un jalon dans le cycle des expéditions

Le départ de ce trio s’inscrit dans le rythme habituel de rotation des équipages qui alternent entre vaisseaux russes et américains pour maintenir la station opérationnelle. Chaque retour libère de la place pour l’arrivée d’un nouvel équipage et permet de renouveler les activités scientifiques menées à bord, qu’il s’agisse d’expériences en biologie, en physique des matériaux ou en physiologie humaine liée aux vols de longue durée.

Cette physiologie ne se résume pas à la fonte musculaire et à la perte osseuse. Depuis les travaux publiés en 2012 par le laboratoire de biochimie nutritionnelle du Johnson Space Center, la NASA surveille de près le métabolisme des folates et de la vitamine B12 chez ses équipages : les astronautes dont ce cycle fonctionne différemment, pour des raisons génétiques, sont aussi ceux qui développent le plus souvent des troubles visuels après un long séjour en orbite. S’y ajoute l’« anémie spatiale » décrite en 2022 dans Nature Medicine : la destruction des globules rouges y est environ 50 % plus rapide qu’au sol, un processus qui sollicite d’autant plus les vitamines B9 et B12, indispensables à la fabrication de nouvelles cellules sanguines. Sur le versant strictement nutritionnel, la synthèse « Vitamine b » de Classements Sports détaille le rôle de ces micronutriments dans la production d’énergie et la récupération — un cadre de lecture utile pour comprendre ce que les nutritionnistes du spatial cherchent à préserver sur des missions de huit mois.

Ce type de mission constitue également un terrain d’entraînement précieux pour les futures explorations plus lointaines. La NASA s’appuie sur les données accumulées lors de ces séjours prolongés en orbite pour préparer les prochaines étapes de son programme Artemis, dont la mission Artemis II doit envoyer un équipage autour de la Lune. Les enseignements tirés de la vie en microgravité pendant plusieurs mois, notamment sur les effets physiologiques et les procédures opérationnelles, nourrissent directement la préparation des missions habitées vers la Lune puis, à plus long terme, vers Mars.

La continuité des rotations d’équipage sur l’ISS reste un élément clé de cette préparation. Chaque expédition qui s’achève dans de bonnes conditions renforce la confiance dans les procédures de vol, qu’il s’agisse des phases d’amarrage, des opérations scientifiques en orbite ou des retours sur Terre. Ce cycle continu d’allers-retours, partagé entre les États-Unis et la Russie depuis le début du partenariat sur l’ISS, illustre la coopération internationale qui sous-tend l’exploitation de la station depuis son lancement.

Une coopération de longue date

La présence conjointe d’astronautes américains et de cosmonautes russes à bord des vaisseaux Soyouz remonte aux premières années de l’ISS. Ce partenariat, maintenu malgré les tensions géopolitiques des dernières années, continue de reposer sur des accords techniques permettant à des astronautes de la NASA de voler à bord de vaisseaux russes, et réciproquement pour des cosmonautes russes sur les capsules américaines. Cette interopérabilité garantit une redondance des moyens d’accès à la station, un principe jugé essentiel par les deux agences pour assurer la continuité des opérations en cas d’imprévu sur l’un des systèmes de transport.

La NASA a indiqué assurer une couverture de cet événement, incluant les phases de désamarrage et d’atterrissage, permettant un suivi en temps réel des opérations jusqu’au retour effectif de l’équipage sur le sol kazakh.

Sources : www.nasa.gov

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