Les phases de la Lune expliquées
La Lune passe par huit phases en 29,53 jours en moyenne, un cycle appelé lunaison ou mois synodique (source IMCCE, Observatoire de Paris). La raison tient en une phrase : la Lune ne produit aucune lumière, et nous voyons depuis la Terre une portion changeante de sa moitié éclairée par le Soleil. Pour savoir si elle est croissante ou décroissante, un moyen mnémotechnique fiable en français : prolongez mentalement le croissant d’une barre verticale. S’il dessine un « p », la Lune vient du premier quartier ou s’en approche, elle est croissante ; s’il dessine un « d », elle est passée par le dernier quartier, elle est décroissante. La prochaine pleine lune aura lieu le 29 juillet 2026 à 16 h 37, heure de Paris (calcul IMCCE, juillet 2026). Vous trouverez plus bas le calendrier complet des pleines et nouvelles lunes jusqu’à décembre 2026, recalculé depuis les éphémérides de l’Observatoire de Paris — et un conseil d’observatrice qui surprend souvent : la pleine lune est le pire moment pour regarder la Lune dans un instrument.
Les 8 phases de la Lune dans l’ordre
Le cycle démarre par convention à la nouvelle lune et se déroule toujours dans le même ordre :
- Nouvelle lune — la Lune se trouve entre la Terre et le Soleil ; sa face éclairée nous tourne le dos, elle est invisible.
- Premier croissant — un fin arc lumineux apparaît le soir, côté ouest, un à trois jours après la nouvelle lune.
- Premier quartier — la moitié droite du disque est éclairée (vue depuis l’hémisphère nord) ; la Lune culmine au coucher du Soleil.
- Gibbeuse croissante — plus de la moitié du disque est éclairée, la bosse grossit chaque soir.
- Pleine lune — la Terre se trouve entre le Soleil et la Lune ; le disque entier est éclairé et la Lune se lève quand le Soleil se couche.
- Gibbeuse décroissante — le disque se réduit par la droite, la Lune se lève de plus en plus tard dans la nuit.
- Dernier quartier — la moitié gauche du disque est éclairée ; la Lune culmine au lever du Soleil, on la voit souvent en fin de nuit et au petit matin.
- Dernier croissant — un fin arc à l’aube, côté est, avant de disparaître dans la nouvelle lune suivante.
Un détail que je donne toujours aux débutants : ces descriptions valent pour l’hémisphère nord. Depuis l’hémisphère sud, l’éclairage est inversé, et l’astuce du « p » et du « d » fonctionne à l’envers.
Pourquoi la Lune a-t-elle des phases ?
À tout moment, le Soleil éclaire une moitié de la Lune, exactement comme il éclaire une moitié de la Terre. Ce qui change au fil du mois, ce n’est pas l’éclairage : c’est notre point de vue. La Lune tourne autour de la Terre, et l’angle Soleil-Lune-Terre se modifie chaque jour. À la nouvelle lune, nous regardons sa face nuit ; à la pleine lune, sa face jour ; entre les deux, un mélange des deux, d’où les croissants et les gibbosités.
Les phases n’ont donc rien à voir avec l’ombre de la Terre. C’est une confusion fréquente : l’ombre terrestre n’intervient que lors d’une éclipse de Lune, un événement qui exige une pleine lune et un alignement précis. De la même façon, une éclipse de Soleil ne peut se produire qu’à la nouvelle lune. Si le sujet vous intrigue, notre guide éclipses de Soleil et de Lune : comment les observer détaille le mécanisme — et la nouvelle lune du 12 août 2026 coïncide justement avec une éclipse totale de Soleil visible depuis une partie de l’Europe.
Petit bonus visible à l’œil nu : quelques jours avant ou après la nouvelle lune, la partie sombre du croissant reste faiblement visible. C’est la lumière cendrée — la lumière du Soleil réfléchie par la Terre, qui éclaire en retour le sol lunaire.
Croissante ou décroissante : l’astuce du « p » et du « d »
Le moyen mnémotechnique français est d’une fiabilité totale dans l’hémisphère nord, à condition de le formuler correctement :
- Croissant bombé vers la droite, qui forme un « p » avec une barre imaginaire : Lune croissante, on va vers le premier quartier puis la pleine lune. Elle se voit le soir.
- Croissant bombé vers la gauche, qui forme un « d » : Lune décroissante, on a dépassé le dernier quartier. Elle se voit en fin de nuit et au matin.
Le paradoxe amuse toujours : la lettre pointe vers le quartier (« p » comme premier, « d » comme dernier), pas vers le verbe croître ou décroître — et c’est justement ce qui rend l’astuce robuste. Autre repère rapide : une Lune visible en début de soirée est croissante ; visible au petit matin, elle est décroissante.
29,53 jours ou 27,32 jours ? Les deux cycles de la Lune
Deux durées circulent, et les deux sont justes — elles ne mesurent pas la même chose (valeurs moyennes IMCCE/NASA) :
- La révolution sidérale dure 27,32 jours : c’est le temps que met la Lune pour boucler un tour complet autour de la Terre, mesuré par rapport aux étoiles.
- Le mois synodique, ou lunaison, dure 29,53 jours en moyenne : c’est le temps qui sépare deux nouvelles lunes, donc le cycle des phases.
D’où viennent ces deux jours d’écart ? Pendant que la Lune fait son tour, la Terre avance elle aussi sur son orbite autour du Soleil, d’environ 27 degrés en 27 jours. La Lune doit donc « rattraper » ce déplacement pour retrouver le même alignement Soleil-Terre-Lune, ce qui lui prend un peu plus de deux jours supplémentaires. C’est le mois synodique, et lui seul, qui rythme le calendrier ci-dessous.
Calendrier des pleines et nouvelles lunes (juillet à décembre 2026)
Les instants ci-dessous ont été recalculés le 17 juillet 2026 via l’API Miriade de l’IMCCE (Observatoire de Paris) : nous avons déterminé, à la minute près, les moments où les longitudes écliptiques géocentriques de la Lune et du Soleil coïncident (nouvelle lune) ou s’opposent à 180° (pleine lune), puis converti en heure légale française. Ce tableau est mis à jour chaque semestre.
| Lunaison | Nouvelle lune (heure de Paris) | Pleine lune (heure de Paris) |
|---|---|---|
| Juillet 2026 | 14 juillet, 11 h 44 | 29 juillet, 16 h 37 |
| Août 2026 | 12 août, 19 h 37 — éclipse totale de Soleil | 28 août, 6 h 20 |
| Septembre 2026 | 11 septembre, 5 h 26 | 26 septembre, 18 h 50 |
| Octobre 2026 | 10 octobre, 17 h 50 | 26 octobre, 5 h 13 |
| Novembre 2026 | 9 novembre, 8 h 02 | 24 novembre, 15 h 55 |
| Décembre 2026 | 9 décembre, 1 h 52 | 24 décembre, 2 h 29 |
On lit bien l’intervalle de 29 à 30 jours entre deux nouvelles lunes, la signature du mois synodique. Et l’on voit qu’une pleine lune tombera la nuit de Noël 2026, à 2 h 29 du matin.
Pourquoi voit-on toujours la même face ?
La Lune tourne sur elle-même en 27,32 jours, exactement la durée de sa révolution autour de la Terre. Cette synchronisation parfaite s’appelle la rotation synchrone, résultat d’un verrouillage gravitationnel : sur des milliards d’années, les forces de marée exercées par la Terre ont freiné la rotation lunaire jusqu’à l’aligner sur son orbite (explication détaillée par la NASA). Conséquence : la même face nous fait face en permanence, quelle que soit la phase.
Deux précisions utiles. D’abord, la face cachée n’est pas une « face sombre » : elle reçoit autant de soleil que l’autre, simplement nous ne la voyons jamais depuis le sol. Ensuite, le verrouillage n’est pas tout à fait rigide : l’orbite lunaire étant elliptique et inclinée, la Lune se balance légèrement d’un mois à l’autre. Ces oscillations, appelées librations, dévoilent au total près de 59 % de la surface lunaire au fil du temps (NASA).
Ce phénomène de marée continue d’ailleurs d’agir aujourd’hui, dans l’autre sens : il éloigne très lentement la Lune de la Terre, de quelques centimètres par an d’après les mesures laser de la NASA.
Et la « super lune », alors ?
Le terme est médiatique, pas scientifique. L’orbite de la Lune est elliptique : sa distance à la Terre varie d’environ 356 000 km au périgée à 406 000 km à l’apogée, pour une moyenne de 384 400 km (NASA). Quand la pleine lune tombe près du périgée, son diamètre apparent gagne jusqu’à 14 % par rapport à une pleine lune d’apogée, selon la NASA. À l’œil nu, honnêtement, la différence est difficile à percevoir sans photo comparative.
Observer les phases : le conseil qui surprend
Voici le conseil contre-intuitif que je répète le plus souvent : la pleine lune est le pire moment pour observer la Lune dans un instrument. Le Soleil l’éclaire alors de face, sans aucune ombre portée : les cratères et les montagnes disparaissent dans un disque plat et éblouissant. Depuis mon jardin de banlieue, sous un ciel Bortle 6, le meilleur moment reste le premier quartier : le long du terminateur — la ligne qui sépare le jour et la nuit lunaires — les ombres rasantes dessinent chaque cratère en relief. Le dernier quartier offre le même spectacle, pour les lève-tôt.

Côté matériel, inutile d’investir pour commencer : l’œil nu suffit largement pour suivre les huit phases jour après jour, et des jumelles 10×50 montrent déjà les grandes mers, les principaux cratères et la lumière cendrée. C’est l’instrument que je conseille en premier — notre comparatif des meilleures jumelles d’astronomie 10×50 vous aidera à choisir. Pour aller plus loin, notre guide du débutant pour observer le ciel et l’ensemble de la rubrique ciel et observation couvrent la suite du parcours. Un dernier repère de terrain : en ville, la Lune est l’un des rares objets célestes que la pollution lumineuse n’abîme presque pas — c’est la cible idéale pour débuter, même en plein centre.
Questions fréquentes sur les phases de la Lune
Quand a lieu la prochaine pleine lune ?
La prochaine pleine lune aura lieu le 29 juillet 2026 à 16 h 37, heure de Paris (calcul IMCCE, juillet 2026). Les suivantes : 28 août, 26 septembre, 26 octobre, 24 novembre et 24 décembre 2026 — le tableau complet figure plus haut avec les horaires précis.
Comment savoir si la Lune est croissante ou décroissante ?
Prolongez mentalement le croissant d’une barre : s’il forme un « p », la Lune est croissante (vers le premier quartier) ; s’il forme un « d », elle est décroissante (après le dernier quartier). L’astuce vaut pour l’hémisphère nord ; elle s’inverse dans l’hémisphère sud. Autre indice : une Lune visible le soir est croissante, une Lune visible au petit matin est décroissante.
Pourquoi voit-on toujours la même face de la Lune ?
Parce que la Lune tourne sur elle-même dans le même temps qu’elle tourne autour de la Terre : 27,32 jours. Ce verrouillage gravitationnel, causé par les forces de marée terrestres, maintient la même face vers nous. Grâce aux librations, de légères oscillations de son orbite, nous apercevons tout de même près de 59 % de sa surface au fil des mois (NASA).