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NIAC 2026 : la NASA finance des concepts radicaux, du nuage de poussière contrôlable aux femtosats saturniens

Portrait illustré de Élise Delcourt

Élise Delcourt
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La NASA a publié la liste des projets retenus en Phase I 2026 de son programme NIAC (NASA Innovative Advanced Concepts), qui finance chaque année des idées technologiques précoces, sans lien direct avec une mission concrète à venir. Parmi les propositions sélectionnées figurent un système de nuage de poussière contrôlable pour réduire l’ensoleillement solaire, un dispositif d’imagerie optique d’exoplanètes de type terrestre par interférométrie, l’exploration de Saturne par une constellation de 10 000 femtosats autonomes, et un nouveau détecteur d’ondes gravitationnelles fondé sur l’astrométrie de précision, selon la NASA.

Les anneaux de Saturne photographiés par la sonde Cassini
Crédit : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute

Un incubateur d’idées, pas des missions programmées

Le programme NIAC, géré par la direction des missions de technologie spatiale de la NASA, a pour vocation d’explorer des concepts « à haut risque, à fort potentiel », très en amont de tout développement opérationnel. Une sélection en Phase I correspond à un financement d’étude de faisabilité, généralement limité à environ neuf mois et quelques dizaines de milliers de dollars, sans garantie de suite. Aucun de ces concepts ne constitue donc une mission actée par l’agence, mais leur sélection donne un aperçu des pistes scientifiques et techniques que la NASA juge dignes d’être explorées sur le long terme.

Atténuer le soleil, observer des continents extraterrestres

Parmi les propositions les plus discutées figure le projet DimSun (Dimming the Sun), porté par Saptarshi Bandyopadhyay du Jet Propulsion Laboratory, qui envisage d’utiliser un nuage de poussière dont la position et la densité seraient contrôlées pour réduire localement l’ensoleillement reçu par la Terre, selon la description publiée par la NASA.

Deux propositions distinctes, toutes deux portées par Paul Stankus (Brookhaven Science Associates), s’attaquent à des défis d’observation à très longue portée. La première vise à développer une méthode d’interférométrie optique à très longue base (VLBI optique) permettant de reconstruire l’image d’une exoplanète de type terrestre autour d’une étoile proche, en résolvant potentiellement des détails de sa surface visible. La seconde propose une nouvelle approche de détection des ondes gravitationnelles à basse fréquence, en s’appuyant sur le déplacement apparent coordonné des objets célestes que provoqueraient les ondes gravitationnelles traversant le voisinage terrestre, mesuré par astrométrie de précision à partir de plusieurs engins spatiaux optiquement indépendants.

Dix mille sondes miniatures autour de Saturne

Le projet le plus spectaculaire par son ampleur numérique est porté par Michael Rubenstein, de Northwestern University. Il propose de déployer environ 10 000 femtosats pilotables de manière active pour cartographier in situ la composition des anneaux de Saturne, la composition et la densité de son atmosphère, ainsi que la distribution de son champ magnétique. Selon la description du projet, une mission unique de type vaisseau amiral — à l’image de Cassini, qui a exploré le système saturnien entre 2004 et 2017 — comporterait un risque d’échec jugé trop élevé pour ce type de relevé rapproché des anneaux ; une constellation dispersée de très petits engins autonomes est présentée comme une alternative permettant de répartir ce risque.

D’autres pistes, de la Lune à l’espace interstellaire

La sélection 2026 comprend également des concepts plus terre-à-terre, au sens propre : un isolant thermique à conductivité variable destiné aux petits engins mobiles lunaires fonctionnant sans chauffage actif ; un système de traceurs photophorétiques capables de flotter pendant des mois entre 30 et 100 km d’altitude pour la télédétection atmosphérique ; ou encore des métamatériaux électromagnétiques assemblés robotiquement pour améliorer la surveillance de l’espace à longue distance. Un générateur thermophotovoltaïque radioisotopique à effet plasmonique, visant une puissance spécifique de 17 W/kg avec un rendement de conversion supérieur à 40 %, est également présenté comme une piste pour alimenter de futures missions interstellaires, selon la NASA.

Ces travaux early-stage n’engagent l’agence sur aucun calendrier ni aucune mission future ; ils constituent, selon la description du programme NIAC, une étape de vérification de faisabilité technique avant toute décision ultérieure de financement.

Sources : www.nasa.gov, www.nasa.gov, www.nasa.gov, www.nasa.gov, www.nasa.gov, www.nasa.gov, www.nasa.gov, www.nasa.gov, www.nasa.gov, www.nasa.gov

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