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MRV-1 : un vaisseau-réparateur en orbite géostationnaire pour prolonger des satellites vieillissants

Portrait illustré de Julien Ferrand

Julien Ferrand
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Un Falcon 9 de SpaceX a placé en orbite le Mission Robotic Vehicle (MRV-1), un vaisseau de Northrop Grumman développé avec le soutien de la DARPA, selon SpaceNews. Sa mission consiste à rejoindre trois satellites commerciaux vieillissants en orbite géostationnaire pour y fixer des modules de propulsion externes, une opération inédite destinée à prolonger leur durée de vie opérationnelle sans les remplacer.

Représentation du vaisseau robotique de service en orbite géostationnaire
Crédit : NASA/KSC

Le vol a été confirmé par NASASpaceflight, qui précise que la mission a décollé depuis la Floride. MRV-1 doit désormais effectuer un long trajet vers l’orbite géostationnaire, à environ 36 000 kilomètres d’altitude, où se trouvent la majorité des satellites de télécommunications et de diffusion. C’est dans cette région de l’espace, particulièrement encombrée et stratégique, que le vaisseau est censé accomplir sa mission de service.

Le problème du carburant épuisé

Les satellites géostationnaires ne tombent généralement pas en panne à cause de la défaillance de leurs équipements électroniques, mais parce qu’ils épuisent leur réserve de carburant. Ce carburant sert à maintenir leur position précise sur l’orbite, une contrainte indispensable pour continuer à assurer leurs services de télécommunications, de météorologie ou de diffusion télévisée. Un satellite dont les instruments fonctionnent parfaitement peut ainsi devenir inutilisable simplement parce qu’il n’a plus de quoi ajuster sa trajectoire.

C’est précisément ce type de contrainte que MRV-1 est censé lever. Selon SpaceNews, le véhicule doit installer des modules de propulsion, ou « pods », directement sur trois satellites commerciaux en fin de vie. Ces modules apporteraient une nouvelle capacité de manœuvre aux satellites cibles, leur permettant théoriquement de continuer à fonctionner plusieurs années supplémentaires sans qu’il soit nécessaire de lancer un remplaçant complet, une opération autrement coûteuse et longue à mettre en œuvre.

Un enjeu économique et stratégique

La construction et le lancement d’un satellite géostationnaire représentent un investissement conséquent pour les opérateurs commerciaux. Prolonger la durée de vie d’un engin existant, même de quelques années, peut donc représenter une économie substantielle par rapport à la fabrication d’un nouveau satellite. Cette logique explique l’intérêt porté depuis plusieurs années par l’industrie spatiale aux services de maintenance en orbite, un secteur encore émergent mais suivi de près par les opérateurs de flottes commerciales.

Le soutien de la DARPA, l’agence de recherche avancée du département américain de la Défense, à ce projet souligne également l’intérêt militaire de ces capacités. Être en mesure d’intervenir sur des satellites en orbite, que ce soit pour les réparer, les ravitailler ou prolonger leur fonctionnement, constitue une compétence technologique suivie de près dans un contexte de compétition accrue autour des activités spatiales, notamment en orbite géostationnaire où évoluent des satellites sensibles.

Une démonstration technologique à confirmer

MRV-1 s’inscrit dans la continuité des efforts de Northrop Grumman dans le domaine du service en orbite, l’entreprise ayant déjà développé par le passé des véhicules capables de s’arrimer à des satellites existants pour leur fournir une assistance de propulsion, sans toutefois modifier leur configuration physique de façon permanente. L’installation de modules de propulsion directement sur la structure des satellites cibles représenterait, si elle aboutit, une étape supplémentaire par rapport à ces précédentes démonstrations.

Les opérations d’installation des pods sur les trois satellites commerciaux visés n’ont pas encore eu lieu au moment du lancement et devraient s’étaler sur une période prolongée, le temps que MRV-1 rejoigne chacune de ses cibles en orbite géostationnaire. Ni SpaceNews ni NASASpaceflight ne précisent à ce stade de calendrier détaillé pour ces interventions, dont la réussite conditionnera la portée réelle de cette démonstration pour l’avenir des services de maintenance orbitale.

Sources : spacenews.com, www.nasaspaceflight.com

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