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La NASA met fin au partenariat avec Draper pour un atterrisseur lunaire

Portrait illustré de Julien Ferrand

Julien Ferrand
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La NASA et le Charles Stark Draper Laboratory ont mis un terme à leur projet commun d’atterrisseur lunaire, en raison de retards jugés trop importants dans le développement du véhicule, selon SpaceNews. Cette décision met fin à l’un des contrats attribués dans le cadre du programme CLPS (Commercial Lunar Payload Services), qui vise à faire appel à des entreprises privées pour transporter des instruments scientifiques et technologiques à la surface lunaire.

Illustration d'un atterrisseur lunaire du programme CLPS de la NASA
Crédit : ROBERT MARKOWITZ NASA-JSC

Le programme CLPS, lancé par la NASA en 2018, repose sur un principe simple : plutôt que de développer elle-même chaque atterrisseur, l’agence achète des « places » sur des véhicules conçus par des sociétés privées ou des laboratoires de recherche, à des coûts et des calendriers en théorie plus resserrés que ceux des missions institutionnelles classiques. Draper, laboratoire de recherche à but non lucratif basé dans le Massachusetts et connu historiquement pour son rôle dans la conception des systèmes de guidage des missions Apollo, fait partie des entreprises sélectionnées par la NASA pour ce type de contrats.

Le laboratoire s’était vu confier une mission destinée à se poser sur la face cachée de la Lune, dans le bassin de Schrödinger, une région d’intérêt scientifique pour l’étude de la géologie lunaire ancienne. Ce type de mission impliquait notamment le recours à un satellite relais pour assurer les communications avec la Terre, la face cachée n’étant pas visible directement depuis notre planète. SpaceNews ne précise pas dans son article la nature exacte des difficultés techniques rencontrées par Draper, se contentant d’indiquer que les délais de développement du vaisseau spatial ont conduit les deux parties à abandonner le projet.

Un programme CLPS déjà marqué par des difficultés

Cette annulation s’ajoute à une série d’épreuves traversées par l’écosystème des atterrisseurs commerciaux lunaires ces dernières années. Astrobotic, autre bénéficiaire d’un contrat CLPS, avait vu sa mission Peregrine échouer début 2024 après une fuite de propergol survenue peu après le lancement, empêchant tout alunissage. Intuitive Machines, de son côté, est parvenue à poser son atterrisseur Odysseus en février 2024, marquant le retour des États-Unis à la surface lunaire après plus de cinquante ans d’absence, bien que l’engin se soit posé de travers, limitant certaines opérations scientifiques prévues. Firefly Aerospace a depuis rejoint le cercle restreint des entreprises ayant réussi un alunissage dans le cadre de ce programme.

Ces trajectoires contrastées illustrent la difficulté intrinsèque de l’exercice : poser un engin sur la Lune reste une opération complexe, où les marges d’erreur sont réduites et où les délais de développement s’allongent souvent bien au-delà des prévisions initiales, y compris pour des acteurs expérimentés. Le retrait de Draper constitue un signal supplémentaire des tensions que rencontre le modèle CLPS, censé accélérer le rythme des missions lunaires américaines à moindre coût par rapport aux programmes traditionnels de la NASA.

L’arrêt de ce contrat soulève également la question du devenir des charges utiles scientifiques qui devaient être transportées par cet atterrisseur, ainsi que celle d’une éventuelle réattribution de la mission vers le bassin de Schrödinger à un autre prestataire du programme. SpaceNews n’apporte pour l’instant pas de précision sur ce point, ni sur les conséquences financières de cette rupture de contrat pour la NASA ou pour Draper. L’agence américaine continue par ailleurs de s’appuyer sur plusieurs autres entreprises partenaires pour poursuivre ses objectifs de présence commerciale régulière à la surface lunaire, dans la perspective des futures missions habitées du programme Artemis.

Sources : spacenews.com

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